Christian Mbongo: « Jean Flaubert Nono a usé de malhonnêteté »

L’affaire Aloys Fouda, ex pensionnaire de l’école de football des brasseries du Cameroun (EFBC), aujourd’hui sociétaire du stade Malherbe de Caen en France monopolise les débats de la presse sportive depuis plusieurs jours. En cause de nouveaux éléments versés au dossier de part et d’autres auprès de Caen et qui de prime à bord incriminent le manager général de l’EFBC en lui attribuant le mauvais rôle, qui est, celui de vouloir à coup de requête financière menaces de tout type nuire à la carrière du jeune Fouda. Approché, Jean Flaubert Nono n’a pas souhaité réagir. Il l’a fait par un communiqué. Contrairement à Christian Mbongo de la Team qui conseille le joueur et son papa qui revient succinctement sur la genèse de l’affaire, les faits et les solutions envisageables.

L’affaire Aloys Fouda fait grand bruit, de quoi s’agit-il Christian Mbongo ?

Aloys Fouda, est un jeune international U17, transféré au Stade Malherbe de Caen en 2018 par les soins d’intermédiaires camerounais sérieux ayant pignon sur rue depuis 20ans dans ce domaine. C’est un jeune passé par l’EFBC, durant 2ans de formation. Il va ensuite faire un an dans une autre académie au Cameroun avant de rejoindre Caen en août 2018, comme l’atteste le passeport Fifa du joueur envoyé par TMS pour établir le CIT du joueur.

Simplement, Monsieur Jean Flaubert Nono, manager général de l’école de football des brasseries depuis le mois de novembre 2018, janvier 2019 envoie des correspondances à Caen disant que le joueur avait fait 3ans de formation chez lui (2014/2015, 2015/2016 et 2015/2017). Pour cela il souhaiterait que Caen lui reverse 190mille €, soit 125millions de Fcfa comme indemnités de formation des 3ans que aurait passé Fouda à l’EFBC.
Il va également par mail envoyer un passeport Fifa du joueur pour appuyer sa demande. Or, Caen avait déjà en sa possession un passeport Fifa du joueur, envoyé lors de l’établissement du CIT et qui avait été passé au crible par le TMS.

Pour faire simple, le passeport Fifa du joueur est ce document qui retrace le parcours du joueur notamment sa carrière et qui est délivré par la Fédération de départ de ce dernier. Ce passeport du joueur permet qu’une fois recruté par un club professionnel, les indemnités de formation ou le mécanisme de solidarité se mettent en branle pour profiter aux clubs par où il est est passé avant ses 23ans. Ce passeport généralement est attaché au système TMS lors de l’envoi du CIT du joueur. Le CIT c’est un document qui est envoyé par l’ancienne fédération du joueur à la nouvelle. Pour établir le transfert. Il est chargé dans le système informatique mis sur place par la Fifa appelé TMS qui génère automatiquement ce document en faveur de la nouvelle fédération. Comme le recommande la Fifa on doit y attacher un document qui atteste de la carrière du joueur.

Voilà pourquoi, le Stade Malherbe de Caen détenait déjà un passeport d’Aloys Fouda signé en mai 2018 par Martin Etonge (ex SG Fecafoot) qui a été attaché celui-là dans le système TMS. Et quand ils ont reçu un nouveau passeport cette fois par Email, différent envoyé par Jean Flaubert Nono, réclamant une année de formation supplémentaire, intrigué, Caen s’est retourné vers nous pour explication (étant les agents qui y ont engagé le jeune Fouda).
Ne s’arrêtant pas là monsieur Nono qui aujourd’hui a déclenché l’affaire Aloys Fouda, envoie un autre courriel à Caen, mais en réalité destiné au jeune Aloys Fouda, qui vient juste de signer un contrat d’élite et non un contrat professionnel pour lui réclamer 50millions de Fcfa d’indemnités pour rupture de contrat unilatérale avec l’EFBC. E-mail que Caen va également nous envoyer. Pourtant monsieur Nono, pour écrire au père d’Aloys Fouda savait où le « trouver ». Quel besoin avait-il à envoyer cette lettre à Caen, si ce n’est par souci de nuire à la carrière professionnelle naissante du jeune Fouda, en laissant croire à son nouvel employeur de manière mesquine que le joueur aurait floué l’EFBC et lui doit de l’argent?

Voilà la genèse de cette affaire qui date depuis 2017 pour plus précis. L’EFBC en 2017 avait dans premier temps obtenue une licence du joueur auprès de la Fecafoot pour la saison 2016/2017, avant de voir cette dernière annulée après un recours du père d’Aloys Fouda qui avait contesté l’avenant, qui laissait croire qu »il avait signé une prolongation du contrat de son fils au-delà de 3ans avec l’école de foot des brasseries. L’enquête minutieuse menée à l’époque par la Fecafoot va démontrer que les documents introduits par Jean Flaubert Nono étaient des faux (fausse signature du père). Voilà pourquoi le 26 juillet 2017 la Fecafoot a annulé purement et simplement cette licence au nom du joueur Aloys Fouda délivré à l’EFBC. Réglant par la même question de la fin de son contrat à l’EFBC. L’appel de Nono à la chambre des litiges ne donnera par la suite rien. Elle s’est déclarée incompétente…confortant la décision prise par la Fecafoot d’annuler la licence indûment établie pour l’EFBC au nom d’Aloys Fouda.

Quelles ont été les conséquences par la suite?

Le joueur a eu la latitude de s’engager avec un autre club pour cette saison aussi librement. Nous sommes surpris aujourd’hui que Monsieur Nono revienne avec cette année là et la réclame comme étant une année d’appartenance à l’EFBC de Fouda. Il s’appuiera sur le fameux avenant qu’aurait signé au même moment que le contrat initial(2013-2016), le père du joueur en 2013, pour que le séjour de son fils à l’EFBC soit automatiquement prolongé jusqu’en 2019.
Or cet avenant déjà battu en brèche par la Fecafoot a beaucoup de curiosités. Il n’est signé sur aucun papier en-tête lisible, et Ni celui de la Fecafoot et encore moins celui de l’EFBC même. Il ne comporte aucune date. C’est un document vide dans le sens juridique. Pire encore si l’EFBC a mis sous une convention de formation de 6 ans le même jour, Aloys Fouda c’est une aberration et une violation manifeste des dispositions de la Fifa, qui stipulent qu’on ne peut pas mettre un joueur de moins de 18 ans sous une convention de formation de plus de 3ans.

Le fameux avenant que ne reconnaît pas avoir signé le père du jeune Fouda, va donner droit à une plainte au pénal contre Nono. Le géniteur d’Aloys Fouda lui réclame l’original de l’avenant pour une expertise graphologique, il ne l’a jamais eu. En son temps la Fecafoot, s’était aussi appuyé dessus pour débouter l’EFBC. D’ailleurs la plainte du père de Fouda porte sur le « faux en écriture privée » contre sieur Nono, qui aurait dont falsifié sa signature et ses empreintes sur cet avenant fabriqué de toutes pièces. Couvert par la note de la Fecafoot qui elle même avait reconnu que la documentation fournie par l’EFBC à l’époque pour établir la licence de Fouda était truffée de fausses signatures.
L’autre subtilité nauséabonde glissée dans cet avenant produit par Nono et qui échappe à monsieur Balla Fouda dit clairement que son fils ne peut être prorogé par l’entremise de cet avenant que si ses performances correspondent unilatéralement au bon vouloir de l’EFBC. Comme quoi dans les clauses ont créé des conditions de pression. Tout l’avenir de Fouda ne reposait donc que sur l’avis de Nono s’il est content ou pas. Ce type d’attitude est fortement réprimé par la Fifa. Parce qu’une relation contractuelle doit être par consentement mutuel et définitif.

Voilà pourquoi aujourd’hui, mis au courant par le Stade Malherbe de Caen nous avons fait une mise au point avec le club, qui est parfaitement au courant de la situation réelle. Caen lui-même a vu le faux dans la démarche de Nono. Le joueur est protégé. Nous avons fait une démarche auprès de la Fecafoot pour avoir une explication sur la délivrance de deux passeports Fifa avec des données différentes d’un même joueur en l’espace de 5 mois et signés par la même personne, et une fois même démis de ses fonctions de SG. Une occasion de faire clairement la lumière sur la question et chercher à démêler le faux du vrai, auprès des personnes impliquées dans cette incongruité. Même si pour nous il ne fait l’ombre d’aucun doute que c’est le passeport signé en mai 2018 et attaché au système TMS lors de l’établissement du CIT du joueur qui est le vrai. Car il a toutes les références des services de contrôle de la Fecafoot. Ce qui n’est pas le cas avec celui brandi par Nono et datant du 25 octobre signé par un Martin Etonge qui nie, et qui d’ailleurs n’était plus en poste.

Aujourd’hui nous sommes semblerait-il face premièrement à une tentative d’extorsion de fonds, et secondairement devant une volonté manifeste de nuire à la carrière du joueur. Cela met en lumière des pratiques qui seraient peut-être en cours ici dans les académies. Le but étant de mettre les enfants dans des conditions administratives assez incompréhensible et venir après réclamer ce qui ne leur ait pas dû.

Voilà résumé l’affaire Aloys Fouda. Nous disons ici que Monsieur Jean Flaubert Nono a usé de faux au niveau du passeport Fifa du joueur envoyé au Stade Malherbe de Caen. Avec pour objectif de réclamer des indemnités auxquelles l’EFBC n’a pas droit.

Le joueur est-il en droit de s’inquiéter pour son avenir à Caen ?

Nous disons que Monsieur Flaubert Nono a usé de malhonnêteté en présentant un avenant à Caen qui aujourd’hui s’avère être un document à la crédibilité douteuse pour réclamer 50millions de Fcfa au joueur comme indemnités de rupture abusive de contrat, tout ça dans le but d’inquiéter la carrière du petit Fouda. Mais nous nous sommes là pour veiller à ce que ce gars ait une bonne carrière de footballeur.

La Fecafoot a été interpellée sur la question et semble prendre à bras le corps l’implication de ses agents et notamment l’ancien SG Martin Etonge dans cette transaction, quelle leçon peut-on en tirer pour l’avenir du foot jeune au Cameroun ?

Je loue déjà votre professionnalisme d’avoir chercher à rencontrer toutes les parties. Et particulièrement d’avoir touché Martin Etonge qui semble être le nœud même de tout ce montage. Et le document qu’il ne reconnaît pas provenant de sa signature est lui même entaché de beaucoup d’irrégularités comme nous l’avons dit plus haut. Avec comme point d’interrogation sa date d’émission « le 25 octobre 2018 » soit un jour après que Monsieur Etonge était remplacé dans ses fonctions par Didier Banlock. Techniquement il n’était plus en droit d’engager la Fecafoot…Nous avons aussi évoqué l’absence de contrôle de traçabilité du joueur des services compétents de la Fecafoot: compétition, licences et TMS. Nous avons engagé un rapprochement avec la Fecafoot. Nous avons eu une séance de travail avec le vice-président Alim Konaté, le secrétaire général Didier Benjamin Banlock, et monsieur Seidou Mbombo Njoya a promis que la Fecafoot va prendre une position officielle dans les jours à venir sur la question.

Comment les parents peuvent-ils se prémunir de nos jours de ce type de pratiques maffieuse qui ont cours dans les académies ou le foot jeune en particulier ?

Il faut déjà que les académies respectent la réglementation. Autant nous leur sommes reconnaissant de leur travail, à l’instar de l’EFBC d’avoir œuvré pour l’évolution du foot camerounais, autant nous insistons pour que tous les acteurs soient au fait des règlements en vigueur dans le football. Nous avons d’ailleurs interpellé la nouvelle Fecafoot pour la mise en application de l’article 19, alinéas 1,2,3 et 4 de l’article 19bis du règlement du transfert de joueur rédigé par la Fifa. Qui dit, que les académies sont obligées de déclarer le nombre de joueurs de leur académie auprès de la Fédération. En présentant leur situation administrative, situation contractuelle. Or la Fecafoot débordée ne veille pas sur cet aspect des choses.

Il faut insister à ce que toutes les académies mettent à la disposition de la Fecafoot toutes les informations sur les jeunes engagés dans leur structure. Pourtant les contrats qui lient le joueur et l’académie devraient être enregistrés par la Fecafoot…Le mal est profond, le cas Aloys Fouda n’est que la partie visible de l’iceberg. A la Fecafoot de nous aider à assainir le milieu, sûrement des cas en souffrance vont se signaler après ce tourment que vit Aloys Fouda. Mais la seule vraie arme est la sensibilisation de tous surtout des parents à se faire accompagner à toutes les étapes de la carrière de leur enfant. Et précisément lors de la signature du premier contrat.

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