Interview – David Ngog : “Malgré les hauts et les bas, je garde toujours mes ambitions”

David N’Gog, comment vous êtes-vous retrouvé en janvier à Ross County, chez le dernier du championnat d’Ecosse ?

Je sortais d’une expérience mitigée en Grèce (Panionios). Ça s’était bien passé (3 buts en 13 apparitions, ndlr), mais je me suis malheureusement blessé (rupture des ligaments croisés du genou droit, ndlr). Je me suis fait opérer en juin. Toute la période d’avril à décembre, j’étais en rééducation à Clairefontaine. Quand je suis revenu de ma blessure, j’ai eu des contacts avec le coach que j’avais eu à Bolton (Owen Coyle). C’était une bonne opportunité pour moi de trouver un club, d’être dans un championnat européen et compétitif.

Vous avez connu six mois de chômage à cause de votre blessure, la première importante de votre carrière. Avez-vous craint de galérer pour retrouver un club ?

Je ne sais pas si j’avais peur, mais c’était une situation nouvelle de me retrouver sans contrat. J’avais heureusement ma famille pour me soutenir moralement, j’avais un bon équilibre et j’ai réussi à garder le cap, en travaillant à Clairefontaine et au CERS de Saint-Raphaël. Grâce à toutes ces aides, j’ai pu retrouver les terrains rapidement. J’ai aussi été occupé par la naissance de mon fils, ça m’a permis de relativiser.

Etait-ce important pour vous de revenir dans le football britannique ?

C’était un de mes critères. Rester en Europe, c’était une ambition pour moi. C’est un bon club, un bon challenge. Ce n’est pas évident, mais j’ambitionne de rester dans ce championnat à l’avenir et de viser même plus haut. Je savais que la situation était compliquée quand j’ai signé, le club était déjà dernier et dans une situation délicate. Je m’y attendais, mais je fais mon travail. Je reste professionnel et je donne le maximum quoi qu’il arrive (un but en 6 rencontres, ndlr).

Owen Coyle a été limogé début mars et remplacé par Stuart Kettlewell. Comment cela se passe avec lui, alors que vous étiez un choix du précédent coach ?

Il était avec l’équipe réserve. Il m’avait vu m’entraîner et jouer pendant ma période d’adaptation, il était proche de la première. Il a une bonne vision du football. Les résultats ne sont pas encore parfaits (une seule victoire sur les 18 derniers matchs de championnat, ndlr), mais les choses se passent bien à l’entraînement. J’espère qu’on va avoir des résultats rapidement.

N’GOG : « J’AI BEAUCOUP APPRIS AU PSG »

En fin de contrat à l’issue de la saison, avez-vous le sentiment de jouer la suite de votre carrière sur les deux prochains mois ?

Bien sûr, mais il y a toujours des challenges dans une carrière. Là il va falloir montrer que je suis capable de jouer au haut niveau, ce dont j’ai toujours l’ambition. Ce n’est pas une grosse pression, c’est même positif d’avoir cette possibilité.

Près de 10 ans après votre départ du PSG, nourrissez-vous des regrets sur cette période ?

Pas du tout. J’ai beaucoup appris pendant mon expérience au PSG. J’y ai été formé, j’y ai grandi. C’est un club qui me tient à cœur. J’ai fait mon temps là-bas et la décision de partir était adéquate à ce moment-là. Je suis encore les résultats de loin aujourd’hui, mais je n’ai pas de regrets.

Vous vous étiez installé dans le onze de Paul Le Guen en 2007-08, d’octobre à décembre, avant de sortir complètement de la rotation. Que s’était-il passé ?

Il fallait prendre le temps de faire les choses, j’étais jeune à ce moment-là. On n’arrive pas au haut niveau du jour au lendemain, il me fallait de l’expérience. Le coach a fait des choix. Il y avait un grand attaquant avec (Pedro Miguel) Pauleta qui jouait à l’époque. Ce n’est pas n’importe qui, c’est l’un des meilleurs buteurs de l’histoire du PSG, auprès duquel j’ai beaucoup appris et que je respecte beaucoup. Je remercie toujours les coachs que j’ai eus là-bas, y compris Paul Le Guen, de m’avoir lancé et donné ma chance.

Vous étiez du fameux match contre Valenciennes en octobre 2007 (0-0), avec tous les « titis » alignés. Avec le recul, pensez-vous que c’était un cadeau empoisonné ?

Paris, c’est un club particulier, où il y a beaucoup d’attentes chez les supporters, une grosse pression. Mais quand on te donne ta chance au haut niveau, ce n’est jamais un cadeau empoisonné. Il faut gérer la suite, ce n’est pas toujours évident. Chacun a son parcours et apprend de ses expériences. Pour moi, c’en était une bonne.

N’GOG : « LIVERPOOL ? LE PIC DE MA CARRIÈRE »

Liverpool est venu vous chercher à l’été 2008. Avez-vous été surpris par l’intérêt d’un club qui était encore finaliste de la Ligue des Champions un an plus tôt ?

Etant jeune, j’avais déjà eu des contacts avec des clubs anglais, je savais qu’il y avait un suivi. J’avais fait le choix de rester au PSG en y signant mon premier contrat pro, mais je savais que d’autres pouvaient être intéressés. Quand un coach comme (Rafael) Benitez et un club comme Liverpool t’appellent, c’est une grande fierté.

Avez-vous hésité à accepter cette proposition, que c’était trop tôt à seulement 19 ans ?

Je me suis dit que c’était l’occasion de passer au niveau supérieur et d’apprendre aux côtés de grands joueurs. Je ne me suis pas vraiment posé de question, j’y suis allé et j’ai profité de chaque moment.

Comment fait-on pour s’intégrer dans un vestiaire de stars comme celui des Reds (Steven Gerrard, Fernando Torres, Xabi Alonso) ?

Il faut rester soi-même, humble et savoir se situer par rapport à eux, sans baisser la tête pour autant. Il faut montrer chaque jour que tu mérites d’être là, travailler pour être au niveau de tes coéquipiers et à la hauteur des attentes du club. Plus c’est un gros challenge, plus c’est intéressant. Il y avait deux capitaines et deux joueurs emblématiques, qui étaient (Jamie) Carragher et Steven Gerrard. Ils ont tout fait pour bien m’intégrer, comme chaque jeune qui arrivait au club. Ils étaient exemplaires. Je me suis toujours senti bien accueilli et soutenu.

Au final, vous avez réussi à vous faire une place au club, avec 94 matchs toutes compétitions confondues pour 19 buts…

C’est ce que j’ai ressenti. Au-delà des apparitions, il faut aussi compter les minutes, parce que ce n’était parfois que des petits bouts de match. Mais j’étais dans la rotation, souvent le groupe, je participais aux matchs. Quand on jouait les premières places de Premier League, c’était très important. C’était le fruit de mon travail. Quand tu es joueur, tu as toujours l’ambition d’évoluer dans les meilleurs clubs. Quand j’étais à Liverpool, mon envie était de progresser et de m’imposer comme titulaire à force de travail, même si j’étais arrivé jeune. Pouvoir toucher le haut niveau, on travaille au quotidien pour. Sur un point de vue footballistique, c’était le pic de ma carrière, même si elle n’est pas finie.

N’GOG : « REIMS ? J’AI ÉTÉ ÉCARTÉ ET JE N’AI PAS COMPRIS POURQUOI »

Après Liverpool, vous vous êtes retrouvé en échec collectif ou individuel à Bolton puis Swansea. Est-ce que cela a motivé votre décision de revenir en France à l’été 2014 en signant à Reims ?

Il y avait le désir d’avoir un challenge où je pouvais m’exprimer tout au long de la saison, dans un cadre plus calme et posé. C’était un choix de rentrer en France.

Vous aviez réalisé une bonne première saison sous Jean-Luc Vasseur, avec le maintien à la clé, avant de perdre votre place avec Olivier Guégan. Comment l’expliquez-vous ?

Je retrouvais de bonnes sensations, j’avais marqué des buts importants (7 en 28 matchs de L1, ndlr). Je voulais rester dans la continuité et franchir une étape vers le niveau supérieur. La deuxième saison s’est moins bien passée pour des raisons que je ne connais pas encore aujourd’hui. J’ai été écarté du groupe et je n’ai pas compris pourquoi. Mais ça fait partie du football. Peut-être que ma situation contractuelle ne convenait pas au club. Malgré tout, je retiens cette première année qui était positive.

Vous supposez donc que le fait de ne pas avoir prolongé vous a porté préjudice…

Ce ne sont que des hypothèses. J’ai eu ma chance la saison suivante, ce sont des choix de coach et de management. Un souci avec Olivier Guégan ? Non, rien de particulier.

N’GOG : « CE N’EST PAS AUSSI SIMPLE QUE ÇA DE RESTER DANS UN CLUB »

Pourquoi avoir opté pour la Grèce, plus que pour l’Allemagne (Darmstadt) ou la Turquie (Adanaspor), à votre départ de Reims ?

C’était par le biais de mon entourage, qui m’avait conseillé de me relancer en jouant dans un championnat moins médiatique et moins exposé, dans un cadre de vie intéressant. C’est la Grèce, il fait beau. Ce n’est pas une priorité, mais ça joue aussi. C’est un club qui avait fini 4eme du championnat et qui avait l’ambition de jouer l’Europe, il y avait possibilité de faire quelque chose là-bas. Concrètement, il n’y avait pas non plus d’autres opportunités.

Le football grec est en pleine crise. Aviez-vous ressenti les problèmes qui le minent actuellement pendant votre passage ?

J’étais dans un club sérieux et structuré, historique en Grèce. Ils avaient un bon management, le coach était très professionnel. Certains joueurs ont connu de mauvaises expériences, mais personnellement, ça s’est bien passé. Ce qu’il se produit aujourd’hui, ce sont des débordements en dehors du football, des comportements inappropriés. Ça leur tombe dessus, mais j’espère que la leçon sera retenue pour que ce soit plus réglo dans le futur.

Ne vous êtes-vous jamais senti en danger lors de vos matchs à l’extérieur ?

On est toujours allés dans les stades sereinement, on se sentait protégés. C’est vrai qu’il n’y a pas de grosses rivalités avec le club où j’étais. Nos supporters mettaient une bonne ambiance, ils étaient bien chauds, mais je n’ai pas connu de débordements.

Si vous deviez tirer un premier bilan de votre carrière, comment expliquez-vous ne pas avoir réussi à capitaliser sur vos débuts prometteurs et à vous installer dans un club ?

Ce sont les aléas du football d’aujourd’hui. Ce n’est pas aussi simple que ça de rester dans un club. J’ai eu cette blessure qui a joué. J’essaie de faire le maximum à chaque fois par tous les clubs où je passe, d’y rester le plus longtemps possible et d’y performer. Maintenant, on ne contrôle pas toujours tous les aspects. Je suis reconnaissant envers toutes les personnes avec qui j’ai pu travailler depuis que je suis jeune, ma famille qui m’a toujours soutenu pour arriver jusque-là. C’est une bonne expérience. Il y a eu des hauts et des bas, mais je continue d’avancer et de garder de l’ambition. Je veux continuer à travailler pour ne pas avoir de regrets à la fin de ma carrière. Je n’ai pas d’objectif précis aujourd’hui, je veux juste jouer au plus haut niveau possible.

Football365

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